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Communication

C’est la merde avec Amori. On ne se voit pas pendant un mois, et quand on se retrouve enfin, on est en froid.
Tout a commencé au restaurant. Parce qu’en plus j’ai payé un resto. En vrai, ça s’est bien passé là-bas. Il y a juste eu ce moment où je lui ai demandé : "Du coup, qu’est-ce que tu ne pouvais pas me dire par messages ?"

À savoir qu’on s’était pas mal pris la tête pour les mêmes raisons que ce soir : la communication. Je suis communicative. Lui pas du tout. Et j’ai toujours affirmé qu’une bonne communication était une des bases les plus importantes, et ce dans n’importe quelle sorte de relations. Les non-dits, l’hypocrisie à deux balles, les yeux au ciel quand on aborde un sujet sérieux, toutes ces conneries qui font qu’étouffer un problème… j’peux pas. J’ai passé l’âge. Ça me soule. J’ai pas de temps à perdre. Puis j’ai besoin d’être stimulée mentalement, pas de régresser.
L’histoire, c’est qu’il y a une semaine, il m’a annoncé qu’il devait me parler d’un truc, mais que ça pouvait attendre le week-end. J’ai implosée tout en restant calme, sûrement arrivée à saturation. Je lui ai demandé de me le dire sur le coup, au lieu de me teaser. Il m’a dit que c’était pas important. Je lui ai dit raison de plus pour me dire maintenant et inutile de me faire languir pour que dalle. Il a commencé à se morfondre à nouveau. "Mais pourquoi tu te prends la tête toute seule ?" "Euh, je comprends pas pourquoi tu me parles comme ça tout à coup..." "Pourquoi tu réponds pas à mes appels ?" "Je comprends pas c’est quoi le problème. Je t’ai dit que ça pouvait attendre."
Bref. J’ai eu beau essayer de lui faire comprendre que moi je n’en pouvais plus qu’il me fasse le coup du « Oh, j’ai un truc à te dire, mais plus tard » à chaque fois, pour qu’au final il se mure dans le silence ou qu’il me dise un truc de merde.

Revenons-en au resto. Je lui demande. Il me demande si je veux pas plutôt qu’on en parle à la maison. Je lui dis non. Il me propose une soirée. J’ai serré intérieurement. J’étais tellement blasée.

C’est d’une soirée dont tu pouvais pas me parler sur le moment parce que tu ne te "sentais pas à l’aise à l’écrit" ?

Ben je t’ai dit que tu te prenais la tête pour rien !

On dirait que ça l’amuse. J’ai l’impression de sortir avec un gosse de 14 ans sérieux. J’ai laissé passer. Il y a aussi eu ce moment où il me dit que son père aurait trouvé que son devoir (que j’avais au préalable corrigé parce que monsieur est dyslexique) comportait "plein de fautes". Toujours des reproches. J’ai haussé un sourcil en lui disant que j’avais encore ce fameux corrigé dans mes notes d’iPhone et que j’aurai bien aimé savoir où est-ce que c’était apparemment "plein de fautes". Soudainement sa version a commencé à changer. « Ouais non mais tu sais si ça se trouve pour mon père "plein" ça veut dire une ou deux haha ! »

Tout ça pour dire, qu’en rentrant, on se prend de nouveau la tête sur le sujet de la communication. Je lui dis que j’ai l’impression que lui et moi on ne se comprend pas, qu’on est trop différents, que je comprends pas pourquoi il n’a pas pris la peine de me voir de tout le mois, que depuis un moment y a la distance et le fameux manque de communication qui jouent beaucoup sur mon impression de notre couple… comme d’habitude, silence radio. Je ne sais pas si c’est parce qu’il ne sait pas comment réagir/gérer ça ou qu’il n’en a juste rien à foutre, les deux sûrement, mais je me suis endormie à 22h.